Dans le petit monde du GT, aux côtés de Stéphane Ratel, Patricia Kiefer est une figure incontournable sur les meetings GT. Mais que fait-elle exactement ?
Pour parler de la face cachée de l’organisation du GT1 World Championship, la Chief Operating Officer chez SRO (Stéphane Ratel Organisation), a bien voulu répondre à quelques questions à six semaines du départ de la première épreuve de ce nouveau championnat du monde GT.
-. Patricia, peux-tu nous expliquer ton rôle au sein de SRO ?
" Je m’occupe spécifiquement de tous les contrats avec tous les circuits. Je m’occupe des négociations pour fixer la date de calendrier et également de tout ce qui est contractuel après. C’est ma tâche principale. Ensuite, je m’occupe du management de toute l’équipe qui s’occupe de la partie opérationnelle de l’évènement. Je gère une équipe de dix personnes à peu près, ce qui comprend les team coordinator (Jacquie, Sophie et Sandrine), toute la partie event avec une nouvelle personne depuis quelques mois, Karine, qui m’assiste pour tout ce qui est relations avec les circuits et relations avec les courses de support. Il y a aussi un logisticien. Ce n’est plus Jürgen Barth mais Jacques Boyère, on garde les mêmes initiales (rires). Et puis toute la partie promo/presse avec Marie-Hélène et Jeff. Et enfin toute la partie marketing/télé qui est gérée depuis Londres par Greg, avec qui je dois travailler en étroite collaboration parce que je dois avoir un œil sur tout. Et je tiens à avoir un œil sur tout. Dès qu’il y a un communiqué de presse qui sort, je veux le relire pour vérifier que les informations sont valides afin de ne pas commettre d’imperfections. "
-. Tout ça prend beaucoup de temps, j’imagine ?
" … (grand éclat de rire) Je n’ai jamais compté mais je pense qu’il vaut mieux que je ne compte pas ! J’arrive assez bien à me détendre. Grosso modo, je pars de chez moi à 09h00 parce que je ne suis pas très matinale. Dès que je monte dans ma voiture, je téléphone parce que j’ai à peu près une heure à une heure et demie pour aller au bureau. Et le soir, il est rare que je parte du bureau avant 21h30. Mais c’est vrai que là, le week-end aussi on bosse. En général, j’essaye de ne pas travailler le week-end quand je n’ai pas besoin de travailler, enfin hors saison. Mais il est vrai qu’en ce moment, on a tellement de travail entre le lancement du 1er mars et le début de la saison qu’on est obligé de travailler même les week-ends. Mais il n’y a pas que moi : tout le monde travaille beaucoup chez SRO ! Certaines personnes qui sont arrivées au mois de novembre ont été surprises du nombre d’heures passées au bureau par les gens. Il y a toujours beaucoup de gens qui nous disent « Mais qu’est ce que vous faites pendant l’intersaison ? » en pensant que l’on n’a rien à faire. Mais en fait, on est débordé ! (rires)
J’ai vraiment la chance d’avoir une équipe complètement motivée, dédiée et loyale. Je pense que c’est assez rare ! "
-. Tu es aux côtés de Stéphane Ratel depuis la première heure …
" La première course de BPR, c’était en mars 1994. A l’époque je travaillais chez Peter & Associés, (le futur P de BPR. NDLR) où j’étais assistante attachée de presse. C’était mon premier boulot. J’ai commencé grâce à une question de Sylviane Peter : « Qu’est ce que vous faites ce week-end ? Ça vous dit de venir au Paul Ricard ?» J’ai répondu « Oui, pourquoi pas ? ». Et du coup, j’y suis restée et je n’en suis jamais partie ! (éclats de rire) "
-. Le fait d’avoir un label « FIA-Championnat du Monde », ça impose quoi ?
" On a organisé le championnat GT pendant 13 ans. Je me disais « OK, c’est un championnat du monde, mais ça va aller ». En fait, c’est comme si on organisait un tout nouveau championnat. C’est incroyable ! On est obligé de tout recommencer. Tout ce qu’on a fait dans le passé, il faut que l’on jette ! Toute la signalétique par exemple. Des choses bêtes : les tenues des grid-girls, les bannières, les drapeaux, les uniformes, les cartes de visite, tout, tout ! Tout part à la benne et on doit tout recommencer. "
-. Au terme de toutes ces années, ce championnat du monde. Ça fait quoi ?
" C’était l’objectif et le rêve de Stéphane, donc je suis très contente pour lui parce qu’il a beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup (sic) travaillé pour obtenir ce titre. Et nous avec ! (rires)
Quelque part, c’est un aboutissement même si la tâche est loin d’être finie parce que c’est maintenant que l’on a encore plus de travail. Notre objectif, c’est de rendre le GT plus connu auprès du grand public, ce qui n’est absolument pas le cas actuellement. La F1 et le WRC sont connus auprès du grand public … et ça s’arrête là ! Là, nous sommes obligés de nous renforcer en termes de communication. Nous travaillons à partir de cette année avec plusieurs agences. Ce développement-là est extrêmement important maintenant. Ce n’est pas parce qu’on a obtenu ce titre de championnat du monde que l’on va se reposer pour autant ! Notre travail est très important et il faut vraiment que l’on fasse connaître le GT. "
Interview réalisée le 18 février 2010.